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    Fintech

    quand la menace devient une opportunité

    July 7, 20257 Mins Read


    Face à l’émergence de nouveaux acteurs qui misent tout sur le numérique, les banques historiques ont une carte maîtresse à jouer : s’inspirer des pratiques innovantes des néobanques pour réinventer leur relation client et moderniser leurs opérations.

    Difficile de le nier : l’émergence des néobanques comme Revolut, N26, Bunq ou Nickel a bousculé le paysage bien établi du secteur bancaire. Les établissements traditionnels, jusqu’ici considérés comme des piliers inébranlables, doivent désormais faire face à une vague de concurrents agiles, particulièrement innovants et attirants. Le constat est sans appel.

    Non contents d’échapper aux infrastructures physiques et aux lourdeurs de systèmes d’information hors d’âge, ces nouveaux entrants ont tout misé sur une nouvelle relation avec leurs clients pour séduire une génération de consommateurs bercés au numérique. Autant dire que, pour les banques historiques, il n’est plus envisageable de s’en tenir à des pratiques considérées aujourd’hui comme désuètes.

    L’enjeu n’est pas de se mettre à niveau, mais d’élaborer une véritable stratégie de changement. Loin d’être une fatalité, cette nouvelle donne offre aux banques historiques une véritable opportunité de se réinventer.

    Des innovations adaptées à de nouveaux usages

    Penchons-nous sur ce qui fait l’originalité des néobanques. Nous savons qu’elles opèrent exclusivement en ligne et qu’elles privilégient une approche « mobile-first ». Une stratégie comparable à celle des géants du numérique comme Netflix ou Amazon, et qui séduit en particulier les jeunes et les utilisateurs technophiles. En quelques clics, à partir d’une interface simplifiée, les clients peuvent ouvrir un compte sans justificatifs compliqués, surveiller leurs transactions en temps réel, obtenir directement des prêts personnalisés, agir sur leurs investissements boursiers, voire bénéficier de cashback, de bons de réduction et de cartes cadeaux. En fait, les néobanques ne se contentent pas de répliquer les services bancaires de base. Elles imaginent régulièrement des innovations adaptées à leur clientèle, qui peuvent aller jusqu’au trading de crypto- monnaies et à l’analyse financière assistée par intelligence artificielle.

    Qui plus est, en raison de l’absence d’agences physiques, leurs frais généraux sont nettement moins élevés que ceux des banques traditionnelles, ce qui se répercute sur les tarifs pratiqués. A quoi s’ajoutent une réactivité et une capacité d’adaptation plus efficaces face aux évolutions du marché et aux demandes des clients.

    Forces et faiblesses des banques historiques

    La guerre est-elle perdue pour autant ? Non. Car face à ces concurrents, les banques disposent encore de sérieux arguments. D’abord une solide réputation, particulièrement dans le cas des grands groupes, qui s’est développée au fils du temps. Ensuite, une longue relation de confiance avec le client. Enfin, une approche rigoureuse des questions de sécurité. Mais cela ne suffit pas.

    La banque traditionnelle ne peut pas évoluer si elle ne comprend pas que les attentes des clients ont changé. La proximité physique ou l’ancienneté de la relation ne sont plus des critères prioritaires. Avec la généralisation des services en ligne, les consommateurs souhaitent désormais des services bancaires accessibles à tout moment et sur tous les appareils. Selon l’étude Digital Banking Maturity (DBM) 2024 réalisée par Deloitte en 2024, les banques françaises, à l’instar des leaders mondiaux, orientent leur réflexion stratégique autour de plusieurs axes principaux dans le paysage digital actuel. Le premier : repenser l’expérience client à l’ère de l’hyperpersonnalisation en s’aidant des canaux digitaux.
    Le second : élargir l’offre digitale pour répondre à tous les besoins ; y compris pour les produits complexes, et intégrer de nouveaux services dans une logique de plateforme ou de « super-app ». Cela implique aussi une montée en puissance sur les services extra-bancaires et l’autonomisation du client. En s’inspirant des leaders internationaux et des néo-banques, les établissements traditionnels peuvent renforcer leur compétitivité.
    Enfin, il s’agit de réduire l’écart de maturité digitale entre la banque traditionnelle et le néo-banques et renforcer l’engagement. La comparaison avec les néo-banques révèle un besoin d’accélérer sur l’ergonomie mobile, la rapidité des processus et l’expérience utilisateur globale. Par ailleurs, renforcer l’engagement client passe par l’éducation financière, la transparence, et une meilleure contextualisation des services proposés. Pour réussir cette transformation, les banques doivent allier agilité technologique et proximité humaine.

    IA et automatisation de processus

    Insistons sur ce point : les banques doivent investir massivement pour améliorer leurs plateformes numériques. Par chance, elles disposent d’un atout incomparable qui leur permettra de prendre l’avantage : un immense volume de données clients. En analysant cette manne, notamment en s’appuyant sur l’IA, les banques traditionnelles pourront obtenir une compréhension détaillée des besoins et des préférences de chaque client. Ce qui leur permettra de proposer des recommandations personnalisées, des offres sur mesure et des conseils financiers pertinents. D’ailleurs, en rationalisant leurs opérations grâce à l’automatisation des processus et à l’IA, les banques réduiront leurs coûts opérationnels et proposeront ainsi des tarifs plus compétitifs alignés sur ceux des néobanques.

    Et pour soulager le travail des conseillers, elles délèguent de plus en plus au client une partie des opérations : c’est ce qu’on appelle le « selfcare ». A partir de l’application mobile de la banque, le client peut procéder à des opérations de base et résoudre lui-même des problèmes courants. Cette solution séduit de plus en plus : 71% des consommateurs interrogés par Deloitte préfèrent recourir à l’application mobile ou au site internet que s’adresser à un conseiller bancaire en agence.
    *Source Deloitte : « L’avenir de la relation client en Banque de détail sera phygitale, omnicanale et…multi-métiers ! »

    Numérique, physique, local ou à distance : avantage à la banque

    Pourtant, même si le numérique s’impose, le contact humain et la présence physique restent incontournables pour certains clients et pour les opérations complexes. Là encore, avantage aux banques historiques qui disposent d’un réseau d’agences avec des conseillers spécialisés. Elles peuvent alors s’organiser pour mettre en place une véritable approche omnicanale : en associant agences physiques, applications mobiles, sites web, chatbots et conseillers téléphoniques, elles vont permettre au client de profiter d’une expérience optimale et homogène quel que soit le canal employé.

    Pour mieux s’adapter, certains groupes ont fait le choix d’intégrer le modèle de plateforme de service : BNP- Paribas avec Hello Banque ou la Société Générale avec BoursoBanque par exemple. Cette dernière a imaginé des services annexes à son offre pour mieux séduire ses clients, comme des réductions de prix pour des abonnements aux salles de sport, des tickets de cinéma à prix réduit, etc.

    Les autres pourraient accélérer leur transition en nouant des partenariats avec l’écosystème fintech : des collaborations stratégiques permettraient en effet d’intégrer rapidement de nouvelles technologies et d’élargir l’offre de services. Le modèle de “Banking as a Service” (BaaS) donne également la possibilité aux banques de mettre leur infrastructure à disposition d’autres entreprises pour proposer des services financiers intégrés à leurs propres offres. Par exemple dans le secteur du paiement, Xpollens permet aux entreprises non bancaires ou non financières d’intégrer des services bancaires ou de paiement via des APIs, sans gérer la complexité technique et réglementaire.

    Réinventer la relation client pour reprendre le leadership

    On le voit : la concurrence des néobanques n’est pas une menace insurmontable pour les banques traditionnelles. Elle constitue au contraire une véritable opportunité de changement pour définir de nouvelles stratégies et attirer de nouveaux clients. En capitalisant sur leurs atouts historiques en matière de confiance et de sécurité, en investissant dans la technologie et l’innovation et en s’inspirant des meilleures pratiques des nouveaux entrants, les banques traditionnelles peuvent réinventer leur relation client, optimiser leurs opérations et se positionner comme des acteurs majeurs de la banque de demain.

    La clé du succès : envisager le changement avec combativité et s’adapter aux nouveaux usages des consommateurs sans pour autant se renier.



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