Par rapport aux API bancaires issues de la DSP 2, les API premium offrent des fonctionnalités supplémentaires. Mais leur hétérogénéité rend difficile leur développement à grande échelle.
On sait qu’elles existent et c’est à peu près tout. Si les API bancaires issues de la DSP 2, qui permettent aux fintechs d’agréger des comptes et d’initier des paiements, sont désormais bien connues, ce n’est pas (encore) le cas des API premium. Quelles sont les différences entre ces deux types d’API qu’on a tendance à opposer ?
Première différence et non des moindres, le développement d’API bancaires classiques est une obligation légale pour les banques depuis la DSP 2. Les fintechs qui veulent les utiliser doivent posséder un agrément. Ces deux principes n’existent pas avec les API premium. Autre différence, les fintechs doivent payer pour solliciter ces dernières. En échange, elles bénéficient de fonctionnalités supplémentaires. Lesquelles exactement ?
En réalité, cela varie selon les situations : “La pratique repose sur du cas par cas et n’est pas uniformisée. Avec les API DSP 2, il y a un standard commun. Là, chaque banque développe sa propre API premium de son côté”, indique Alexis Roque, directeur général du spécialiste de l’open banking Bridge. Pour cette fintech, les API premium sont utiles pour deux fonctionnalités qui ne sont pas possibles avec les API issues de la DSP 2. Pour la partie agrégation de compte, elles “permettent d’avoir accès à d’autres comptes que les comptes courants“. Pour la partie initiation de paiement, elles “rendent possible le paiement par lot”.
Meilleure communication des banques
Du côté de Kyriba, spécialiste de la gestion de trésorerie qui utilise des API premium depuis trois ans, d’autres cas d’usage ont été identifiés. A la différence des API classiques, “les banques rafraichissent leurs données de leurs clients plusieurs fois par jours et ces données sont récupérables à tout moment”, note Félix Grévy, responsable produit de Kyriba. Par ailleurs, pour se connecter à ces API premium, “l’identification est plus adaptée à une utilisation professionnelle” car “un certificat digital remplace la validation humaine”.
Enfin, Félix Grévy ajoute que “Kyriba a la possibilité de recevoir des notifications pour chaque transaction initiée”. Un point loin d’être anecdotique quand on sait que l’absence de communication des banques est l’un des principaux sujets de crispation des fintechs dans le cadre des API DSP 2. Pour résumer, “la qualité de service est très supérieure” avec les API premium. Celles-ci “suivent vraiment une logique business” à la différence des API classiques dont “l’utilisation a été pensée pour les consommateurs davantage que pour les entreprises”.
“Ce sont surtout les néobanques qui proposent des API premium”
Pour le moment, “ce sont surtout les néobanques qui proposent des API premium” selon Alexis Roque. C’est par exemple le cas de Memo Bank ou de Qonto. Mais dans l’ensemble, “elles ne sont pas encore très répandues”. La pratique peut-elle se développer davantage ? “Il n’y a pas véritablement de marché. L’hétérogénéité des API premium rend compliqué la naissance d’un business model unifié. Tant que la pratique repose sur du cas par cas, je ne vois pas ce marché décoller”, répond Alexis Roque.
Pour remédier à cela, l’initiative SPAA (Sepa Payment Account Access) a pour mission de trouver des business models exploitables et d’uniformiser la pratique des API premium à l’échelle européenne. Mais la mission s’annonce compliquée. Comme le rappelle le dirigeant de Bridge, ce n’était déjà pas évident de “mettre en place des API DSP 2 de manière uniforme et harmonisée”.