(Washington) Le jury d’un tribunal du Dakota du Nord, dans le nord des États-Unis, s’est retiré lundi pour délibérer dans un procès contre l’ONG Greenpeace, qui, menacée d’une forte amende pour s’être opposée à la construction d’un oléoduc, dénonce une procédure-bâillon.
Le groupe pétrolier américain Energy Transfer accuse l’organisation écologiste de diffamation et d’incitation à la violence pour avoir mené des manifestations entre 2016 et 2017 dans le Dakota du Nord, contre le projet du Dakota Access Pipeline.
« Si Energy Transfer réussit à imposer une forte amende à Greenpeace, cela encouragera d’autres entreprises à mener des actions similaires et pourrait décourager considérablement des mouvements de contestation », avait estimé avant le procès Michael Gerrard, professeur de droit à l’université Columbia et spécialiste des actions de justice climatique.
La tribu autochtone Sioux de Standing Rock et des groupes écologistes dont Greenpeace, rejoints à plusieurs occasions par des milliers de manifestants, avaient tenté en vain d’empêcher la construction d’un tronçon de l’oléoduc devant traverser, selon les Sioux, des sites sacrés et menaçant leurs sources d’eau potable.
Des centaines de manifestants avaient été blessés et arrêtés, suscitant l’inquiétude de l’ONU quant à une possible violation de la souveraineté des populations autochtones.
Lors de ce procès qui a duré trois semaines, Energy Transfer a accusé plusieurs entités, dont Greenpeace, d’avoir joué un rôle clé dans ces manifestations, ce que démentent l’ONG et des représentants autochtones impliqués dans le mouvement.
Greenpeace dénonce de son côté une procédure abusive visant à la « faire taire. »
Lors d’une première procédure intentée au niveau fédéral, l’entreprise avait réclamé 300 millions de dollars, sans succès.
Plus de 400 organisations, ainsi que des personnalités publiques telles que la chanteuse Billie Eilish et les actrices Jane Fonda et Susan Sarandon, ont signé une lettre ouverte de soutien à Greenpeace, tout comme des centaines de milliers de personnes à travers le monde.
Le Dakota Access Pipeline est opérationnel depuis 2017.