Dix mois seulement après avoir lancé son projet industriel en inaugurant, à Blanquefort, une usine de fabrication de piles à combustible de forte capacité, la société girondine HDF Energy, spécialisée dans le développement d’infrastructures hydrogène, vient de présenter son bilan 2024.
La société, qui est passée de 89 à 125 collaborateurs entre 2023 et 2024, affiche une importante hausse de son chiffre d’affaires. En un an, il est passé de près de 4 à plus de 11 millions d’euros. Pas encore assez, cependant, pour inverser la courbe ascendante de ses pertes. Elles étaient de – 7,8 millions d’euros en 2023, elles atteignent – 10,9 millions d’euros aujourd’hui.
« Situation financière saine »
« C’est tout à fait normal, nous sommes dans les clous de notre tableau de marche commercial », explique Damien Havard, son PDG. « Le marché de l’hydrogène a connu des soubresauts importants, beaucoup d’acteurs ont consommé beaucoup de cash en attendant d’hypothétiques subventions, nous en avons consommé moins car nous avons toujours 39,2 millions d’euros de trésorerie, contre 62,7 en 2023. Le groupe se trouve dans une situation financière saine et nous pouvons, en plus, compter sur un maximum de 172,7 millions d’euros de subventions d’État, approuvées par la Commission européenne dans le cadre du programme Projet importants d’intérêt européen commun (Piiec) », poursuit ce dernier.
« Beaucoup d’acteurs ont consommé beaucoup de cash en attendant d’hypothétiques subventions, nous en avons consommé moins »
Une enveloppe de subventions qui couvrira une partie des investissements industriels d’HDF Energy. À cette heure, 9,2 millions sur les 35 millions d’euros consentis par l’entreprise pour son outil industriel, le centre d’essai de Blanquefort, sont concernés par cette enveloppe Piiec.
Diviser les coûts de production
Après avoir livré, en Guyane, une pile à combustible puissante – 3 MGW –, co développée avec le groupe Ballard, les ingénieurs de l’usine de Blanquefort planchent désormais sur les premières piles « 100 % HDF » dont les premières sortiront de l’usine dès cette année.
« Ces piles répondront à notre cahier des charges : si le coût de revient de la première pile livrée était élevé et l’impact de sa vente était forcément limité sur notre résultat, nous serons capables de conserver le même standard de qualité en divisant par deux voire trois ce coût de production. L’hydrogène propre est très cher, c’est bien, mais il n’y a pas de marché pour cela. Notre solution répond aux attentes du marché mondial », assure Damien Havard.
La production des premières piles à combustible 100% HDF Energy commencera dès cette année.
Fabien Cottereau / SO
Cibler les marchés dynamiques
Un marché mondial, sur lequel HDF se réorganise. « Nous concentrons nos efforts sur les marchés qui sont les plus dynamiques. Nous nous retirons de l’Australie et de certains pays d’Afrique », confie le PDG dont le groupe est, depuis sa genèse en 2012, un pionnier des centrales électriques à hydrogène. En attendant, en 2024 le groupe, qui est également porté par son activité de développeur de central a donc généré son premier chiffre d’affaires liés à la vente de pile à combustible est devient un véritable acteur de ce marché.