Les objets composés de fer extrait de météorites sont rarissimes. Plusieurs artefacts retrouvés sur deux sites en Pologne suggèrent cependant que des artisans de l’âge du bronze auraient eu accès à ce type de ressources pour concevoir des bracelets, des colliers ainsi que des couteaux.
À travers le monde, divers chantiers archéologiques ont permis d’exhumer des artefacts anciens, parfois constitués de métauxmétaux rares, voire extraterrestres. En Égypte notamment, les artisans utilisaient des fragments de météorites pour élaborer des bijoux, dont la rareté transparait à la lumière des analyses actuelles. Si l’utilisation de ces métaux rarissimes est constatée depuis la Préhistoire, peu d’artefacts similaires ont été retrouvés par les archéologues en Europe.
Au sud de la Pologne, dans la ville de Częstochowa, les quartiers de Raków et Mirów cachaient plusieurs de ces précieux objets. Une étude à paraître dans le Journal of Archaeological Science en avril 2025 dépeint les travaux menés par les scientifiques pour déterminer l’âge et la composition de plusieurs bijoux, outils et armes manufacturés au cours de l’âge du bronze.
Les deux cimetières de Częstochowa sont espacés de six kilomètres et les sites ont des caractéristiques similaires. En débutant les chantiers, les archéologues notaient rapidement la présence d’éléments cérémoniels propres aux funérailles des premières heures de l’âge du bronze. Enfouis sous plusieurs centimètres de sédimentssédiments, reposaient 26 objets répartis dans plusieurs tombes. Parmi eux, trois bracelets présentent des traces de fer météoritique.
Plusieurs ressources et techniques sont venues appuyer les examens menés par les chercheurs ces dernières semaines. Les reliques ont été scannées au rayon X, principalement par le biais d’une microtomographie dévoilant la structure et les alliages de métaux utilisés il y a 2 600 ans. Une partie du métal semble avoir été extraite d’une ataxite, type de météoritesmétéorites de fer. Du côté de la datation, les experts ont apparenté les artefacts retrouvés avec les œuvres de la culture Hallstatt, ayant prospéré dans l’Europe centrale entre 1200 et 450 avant J.-C.
Une météorite retrouvée par hasard par les populations locales ?
Selon l’article du Journal, il est probable que la météorite se soit écrasée en Silésie et qu’elle ait été repérée par les populations locales. Une théorie étayée par la rareté de ces métaux, rendant peu probable l’idée selon laquelle de tels mineraisminerais se soient retrouvés dans une dynamique d’échanges et de commerces au cours de l’âge du bronze. Pour cause : le fer météoritique avait une valeur relativement faible. Cependant, il n’est pas impossible qu’une météorite ait chuté dans les Alpes ou dans les Balkans, bien que les objets aient été produits en Silésie.
Concernant le cimetière de Raków, les chercheurs précisaient à phys.org que toutes les tombes n’avaient pas été fouillées, ni même retrouvées. Le périmètre du site est d’environ 500 m2, mais les historiens le pensent bien plus vaste encore. De plus amples recherches sur place pourraient révéler la présence de nouvelles sépulturessépultures et une plus grande quantité d’artefacts antiques.